vendredi 18 septembre 2015

Une seconde année...



Trois mois de retour en France : La naissance de notre petite dernière Lièl " parfum de la terre", des vacances aux grands airs de Normandie et des Landes avec famille et amis.
Triste de quitter nos proches, mais heureuse de retrouver mon mari et ma maison, nous revoilà ici à Lagos et cette fois sans coupure jusqu'à Noël !




A 3 jours de vie, sortie de clinique, Lièl faisait une photo d'identité, à 5 jours obtenait son passeport d'urgence et 3 semaines son visa pour vivre au Nigeria. 

A peine un mois de vie, elle connaît déjà les 6 heures de vol, l'odeur, la chaleur et le bruit des klaxons Lagossiens. 
Mon bébé, mon tout petit... Tu ne dis rien, tu souris...
Les quinze premiers jours de notre retour, je l'emmenais partout. Poussette en certaine occasion mais plutôt porte bébé, elle m'accompagnait aux courses, à l'école. J'avais sans cesse des compliments et elle était admirée de tous...Je pouvais entendre " congrat Ma" ( congratulations madame ) dès que je rencontrais un Nigerian. 
Il est vrai que pour eux, il est extrêmement rare de voir des bébés de quelques semaines dans la rue. Mon chauffeur, Nnamdy m'expliquait, que les femmes nigérianes ne sortaient pas leur bébé avant 3 mois dehors. Elles restent chez elle avec souvent leur mère ou une proche pour se remettre de l'accouchement et protéger leur bébé. On les aide à s occuper du bébé, à faire à manger pour leur reste de la famille...
Serais je inconsciente ?? Je préfère le compliment de Nnamdy : " You are strong "
Afrique ou pas, je vis normalement. Certes je suis très vigilante aux mesures d'hygiènes mais je ne m'empêche pas de vivre !

L'école française a repris comme à une journée près comme en France. J'ai vu les enfants heureux de retrouver leurs copains, le chemin de l école, je suis rassurée.
Pour ma part, ce retour a été quelque peu sportif, trois enfants maintenant à s'occuper, David en voyage d'affaire à Johannesburg...Des nuits bien agitées et un réveil le matin à 5.30 encore plus difficile.

Tout est une question d'organisation, de gestion de son temps :) mais aussi de profiter des bons côtés de la vie d'expatrier en Afrique et donc de partager ses tâches avec la Nanny.

Donc Voilà, ca y'est, j'ai fait le grand saut, je confie depuis une semaine maintenant ma toute petite à Christie.
Quelques temps d'observation, et mise en route, Christie a su me rassurer et me montrer que je pouvais avoir confiance en elle.
J'avoue même être un peu jalouse, quand je vois la faculté qu'elle a, à calmer Lièl quand elle pleure.
Elle ne demandait qu'à s'occuper de la petite, depuis notre arrivée, elle est ravie. Quant à moi, je prends plaisir aussi à retrouver du temps pour mes activités sportives ou autres sans avoir à jongler entre les heures de repas d'un nourrisson.

Cette année, je ne reprendrais pas les cours de français à Lekki, et les cours de natation seront aussi mis en à parte.  
Depuis juin, je suis sur un autre projet avec une amie, nous avons créé notre "mini entreprise".. Tout est en phase de démarrage, mais elle comme moi sommes motivées.
Les cartes  de visite sont imprimées, le projet est ficelé et nous avons entamé la partie terrain depuis cette semaine.
J'espère que cette nouvelle activité va me donner un nouveau souffle et surtout me redonner confiance au point de vue professionnel. 3 ans maintenant que j'ai quitté mon poste de DR en France, parfois je me demande si je suis encore capable de faire ce que je faisais avant. J'ai besoin de ce nouveau défi aussi pour rebooster mon ego.

C'est ainsi que notre seconde année ici commence, de nombreux départs ont eu lieu en juin dernier, beaucoup de nouvelles têtes, des projets qui émergent, je me sens bien, les prochains mois s'annoncent sympathiques...


Christie, Super "Nanny"






mercredi 15 avril 2015

Les élections


Après avoir été repoussées d’un mois et demi, les élections Nigérianes sont enfin terminées.
Fin mars, c’était pour les présidentielles, et we dernier, les Nigérians élisaient les gouverneurs.

Depuis janvier, nous sommes dans cette attente latente de ce qu’il va se passer : y’aura t’il émeutes ? Contestations ? Rebellions ?
Ici, il est difficile d’accepter sa défaite sans violence. Tout est sujet à la polémique. Pas de réelles statistiques, lorsque l’on sait que le recensement de la population est déjà très limité.
« La folie de la démocratie africaine est qu'elle se limite à des élections. La démocratie en Afrique est le plus souvent réduite à la propagande électorale et à des élections, sans oublier que la plupart des élections en Afrique ne sont ni libres ni équitables. »
Par quelques ruses que ce soit, un citoyen peut facilement voter deux fois ou alors donner sa carte (donc sa voix) contre quelques nairas.
Dans un pays où la corruption est reine, il est difficile de savoir ce qu’il va se passer.

Les préconisations de sécurité de l’ambassade et des entreprises ont été très largement prises au sérieux et respectés :
- « Quarantaine durant le WE des élections », pas de circulation autorisée, on reste chez soi.
- Faire un stock de nourriture et d’eau sur plusieurs jours au cas où l’interdiction de circuler se prolongerait.
- Respecter les couvres feu pour la veille du scrutin et le jour du dépouillement.
- Ecole fermée le jour du dépouillement (le lundi)

Ah, il est vrai, que ce climat n’inspire pas vraiment la zen attitude, mais nous concernant lors du premier tour, nous étions plutôt étonnés de voir le stress que certains expatriés pouvaient emmagasinés, jusqu’à ne pas mettre leurs enfants à l’école deux jours avant et deux jours après le scrutin. Une petite minorité avait même préparé leur sac d’appoint et se tenait prêt en cas d’éventuelle évacuation du pays !
Sujets de toutes les discussions, à l’école, dans la rue, avec sa nanny ou son chauffeur, tous étaient partagés entre la victoire de BUHARI ex militaire aux commandes du parti APC (ancien dictateur dans les années 80) ou de la réélection de Good Luck Jonathan pour le PDP.

La campagne présidentielle fût rude. Affichages permanents dans la rue, camions balais qui balancent des tracts, objets publicitaires (nourritures non périssables, crayons, autocollants…) aux couleurs de son parti, manifestations dans les différents QG…une ambiance hors du commun !


Campagne PDP 

Paquets de pâte à la couleur de PDP

Finalement, plus de peur que de mal…le WE que tout le monde appréhendait tant, s’est déroulé sans histoire.
Entre jeux de société, piscine avec les enfants, nous avons pu suivre pas à pas le déroulement via nos connexions internet.

Un jour de scrutin supplémentaire, car le samedi apparemment certains bureaux n’étaient pas en mesure d’accepter des votants (et oui il n’y a qu’en Afrique que cela peut se produire).
Le dimanche a donc été un jour de vote supplémentaire.
Le dépouillement s’est fait pas à pas jusqu’au mardi, avec une annonce de victoire certaine du parti adverse donc l’APC. Muhammadu BUHARI est élu nouveau président du Nigéria.
Emeutes quasi nulles, sauf dans quelques provinces du Nord, Good Luck Jonathan, président sortant a fait grand acte de démocratie. Dans une  adresse à la nation le mardi soir, Goodluck Jonathan a convié les Nigérians à l’unité. Il a appelé ses militants à accepter le verdict des urnes et de tout faire pour préserver les intérêts supérieurs du Nigéria qui sont les plus importants.

A nouveau calfeutrés dans nos campounds, journées bien longues pour toute la famille, le week dernier fût aussi très calme.
Les gouverneurs de l’APC ont été élus sans surprise en grande majorité.

Voilà, donc le Nigéria au main, de l’APC.
De grands espoirs de changements sont espérés par la population Nigériane, dans cette victoire. 
Qu’en sera t-il vraiment ? Je ferais peut être le point avec vous dans 4 ans, à la fin du mandat :) … ….
















vendredi 10 avril 2015

De retour...



     Quelques mois maintenant que je n’ai pas alimenté le blog, non pas par manque d’informations ou de nouveautés, mais tout simplement prise par de longues journées bien chargées.

Depuis décembre, nos repères et habitudes se sont franchement dessinés. Ca y’est notre quotidien s’est créé.
Si bien même que nous en sommes venus à accepter avec moins d’intransigeance, certaines habitudes lagossiennes telles que : «  se faire matraquer par des prix excessifs car nous sommes « Oyibos », prendre son mal en patience lorsque nous sommes bloqués dans les embouteillages pendant deux heures de temps (pour 7 petits kms…), attendre toujours attendre, jusqu’à des 1H30 parfois,  car le RDV n’est pas à l’heure ( et que personne ne sait vraiment à quelle heure la personne sera finalement là…)…
On finit par accepter, par s’avouer vaincus, usés peut être aussi, mais surtout parce que l’on sait que rien ni fera et que ca ne changera pas.
Ces habitudes font tout simplement parties de cette nouvelle vie, d’une éducation bien différente de la nôtre et avec lesquelles nous devons vivre !!

Parce que finalement, nous nous y sentons bien, que nous sommes heureux de vivre un morceau de notre existence ici, et qu’après cela nous semblait trop tard, nous nous sommes lancés… ….
Très rapidement, le projet est devenu vite réalité puisque en quelque semaine, j’avais déjà la graine (« dixit Eden »). Nous attendons une petite fille pour le mois de juillet J

Je suis peut être un peu Rock N Roll (dixit mon gynéco Français), une grossesse au Nigeria est possible mais l’accouchement peu conseillé.
Les normes d’hygiènes et sanitaires restent bien différentes des nôtres, et il est vrai qu’il vaut mieux ne pas être anxieux.
Pour l’anecdote, comme tout se passait bien depuis le début, et qu’il était compliqué et couteux de rentrer en France pour l’échographie du deuxième trimestre, j’ai décidé de la faire ici.
Le dispensaire médical où nous sommes rattachés, ne fait aucun suivi de grossesse et m’envoie depuis le début dans une clinique locale avec laquelle ils ont un partenariat.
Clinique au passage de « la fertilité »…apparemment le must pour ici, mais loin d’être le Top du top de chez nous.
Lors de chaque visite mensuelle, seules la tension et la prise de poids sont vérifiées, aucun examen du col n’est fait…et on est bien loin de l’hyper vigilance française.
N’ayant pas tout le matériel adéquat pour l’échographie morphologique, ils m’ont dirigé vers un autre centre.

Excités à l’idée de découvrir notre nouvelle progéniture, de savoir si tout va bien et de peut être connaître son sexe…nous voilà, David et moi dans la salle d’attente de ce nouvel endroit. 
Lieu bien étrange pour un lieu médical (Maisonnette très rudimentaire. De simples fauteuils et un écran TV qui émet CNN en brouillé, en guise de salle d’attente) Mais nous ne sommes pas plus inquiets que cela. C’est couleur locale.
Nous attendons plus d’une heure trente l’échographe apparemment bloqué dans les embouteillages. Seulement comme je le disais au dessus, si une personne nous avait informée de la réalité, plutôt que nous dire « il arrive, il est juste à côté » à chacune de nos interrogations…nous aurions été plus compréhensifs, je crois.
Bouillants d’impatience, nous sommes enfin pris en charge.
Je m’allonge, le matériel semble ok, 2 femmes sont là…Peu bavardes, j’ai l’impression que celle qui est au commande prend des mesures. L’autre les note sur un bout de papier.
5 minutes plus tard entre en salle un homme, habillé à la « Dr Sheperd, de Grey’s Anatomy » (avec son pyjama médical, ses crocs et son « chapeau médical »).
Il semble compétent et prend tout de suite en main le scan.
Il essaye de rentrer en contact avec moi au travers de quelques mots en français, continue les mesures, et sans rien dire de plus, s’arrête en me disant que tout est ok.
Le bébé est de taille normale, tout va bien…et c’est une fille !
Je n’en reviens pas car je suis persuadée depuis le début, que nous attendons un garçon, si convaincue, que je n’envisageais pas que cela soit autrement…
Stupéfaits mais heureux de cette annonce surprise, nous repartons avec un nouveau shéma en tête J, et des prénoms à chercher.

Une semaine plus tard, je reçois les résultats papiers.
Curieuse, je me hâte de comparer les mesures avec celles des deux premiers, afin de connaître l’éventuel poids et taille à terme de la future.
Périmètre crânien élevé, mais dans la norme des ALT.
Abdomen similaire à Ruben.
Poids équivalent aux deux autres
Taille du fémur :….260 mm pour 400 pour  Eden et 410 pour Ruben.
Je vérifie la date des échos, toutes ont été faites dans la même période.

Je commence à paniquer, fond en larme car c’est évident que quelque chose cloche.  Illico, j’appelle Maman (que c’est pratique d’avoir une maman pédiatre), et elle me confirme que cela semble étrange. Toujours aussi zen et rassurante, elle me demande de lui envoyer mes examens, et d’appeler dès que possible le médecin afin qu’il vérifie s’il n’y a pas une erreur sur le rapport.
Je passe une nuit épouvantable, à me ressasser que des idées morbides…
Dès la première heure du matin, je contacte mon gynéco français qui confirme les dire de maman la veille…Soit il y ‘a une erreur, soit il y’a problème. Refaire impérativement une écho et si les mesures sont confirmées, rentrer en France.
Je blêmis, je suis mal…David détaché dans un premier temps (car pour lui, c’est évident c’est une erreur, devient aussi inquiet quand l’échographe confirme les mesures et que pour lui tout est normal, « c’est une petit bébé, c’est tout »
Ah oui ca pour être un petit bébé, il l’est : 260 mm de mesure correspond à 18 semaines de grossesse environ alors que j’étais à 24 !!
Moi en pleure, David prend les choses en main  (ah mon doudou…) et exige une nouvelle échographie qu’avec le médecin cette fois, et dans la journée !

Une attente de nouveau interminable dans ce dispensaire (quasiment 2heures), un stress indescriptible, des décisions hypothétiques sur la suite de la grossesse…David et moi entrons de nouveau en salle.
Je vois David bouillir, à l’affût de tout et surtout rivé sur l’écran à filmer chaque cliché.
Après une journée à avoir naviguer sur le net, à savoir quelle était les conséquences d’un petit fémur (en l’occurrence un nanisme), David reconnaît immédiatement le fémur à l’écran. FL (Fémur Lenght apparaît également en haut à droite). Le médecin dessine ses points à chaque extrémité, et là David crie de soulagement «  Je le savais, 400mm, ils se sont trompés). Le médecin recommence 4, 5 prises de mesure. Toutes sont entre 390 et 420…dans la norme quoi, rien à voir avec les 260 de départ.
Le médecin ne dit rien, malgré nos multiples questions, interrogations.
Comment est il possible d’écrire sur un rapport que tout est normal et ok avec une gestation de 24 semaines alors que le fémur a une taille d’un bébé de 18 ???
Pas d’excuses, nous leur demandons de nous donner chaque cliché pour tout faire vérifier et partons.
Un soulagement indescriptible s’est empli en moi…vidée par ce stress de 24 heures, je ressors avec le sourire et tellement rassurée.

Une anecdote de plus qui confirme qu’ici de nombreuses choses restent approximatives, même les plus importantes à nos yeux !

lundi 24 novembre 2014

Les Weeks end au Nigéria...

Quoi de plus agréable, que de prendre un bateau, quitter le brouhaha sans fin de cette ville, et arriver à un petit coin de Paradis...un plaisir partagé entre amis pour le bonheur des grands et des petits.
Merci encore à nos hôtes...











Nike Lekki Gallery


Pour le plus grand bonheur de ma fille, ce matin, j'ai accompagné la classe d'Eden au Nike Lekki Gallery.
Ici au Nigéria, ce qui change lorsque tu fais un sortie scolaire, c'est que ton petit bus est suivi par une patrouille de Mopol ( agents de sécurité armés)...mais le reste reste pareil : les enfants sont toujours aussi excités !
Et oui, nous sortons de l'enceinte sécurisée de l'école pour rejoindre des quartiers plus risqués...
Mais quelle chance d'avoir participé à cette sortie.

Cette galerie d'Art appartient à une artiste Nigérianne qui présente en partie sa propre collection et pour le reste des tableaux et sculptures d'artistes Nigérians.
L'art Nigérian est à ce jour de plus en plus côté dans le monde et certains artistes bénéficient de notoriété internationale.
Les enfants ont pu faire en atelier de la peinture sur tissu : photos à l'appui !

















Le résultat : les étoles aux multiples couleurs qui sèchent

Si vous voulez en savoir plus, je vous joins le site Gallery : www.nikeartcenters.com/index_gallery.php





Si tu vis au NIgéria, tu dois être prêt à accepter cela...



Lorsque nous avons accepté la proposition d’expatriation au Nigéria, nous savions que la vie ne serait pas simple, en tout cas les beaucoup moins paisible que ce que nous avions pu vivre à Chypre.
En effet, sans connaître le pays, le hardship (indice qui évalue la difficulté de vie dans le pays) qui est donné est un des plus élevé avec l’Arabie Saoudite !
Nous savions donc sans même avoir mis un pied dans l’avion que ce ne serait pas simple tous les jours, mais tant qu’on ne le vit pas, on peut tout supporter J

Cela fait maintenant deux mois que nous avons emménagé, et depuis la semaine dernière, où j’ai cumulé plusieurs déboires, je comprends mieux pourquoi le hardship est si élevé.
Jusqu’à présent,  vraiment, j’étais dans mon petit cocon : pleine de bons sentiments et d’envie de générosité, volonté de découvrir ce nouveau peuple, ses coutumes, tout au moins pousser les portes de nos deux presqu’îles VI et Ikoyi, car je sais aussi que où nous logeons nous sommes privilégiés.

Alors voilà, quand tu vis au Nigéria, tu dois être prêt à accepter cela :

> Lorsque tu fais tes courses au Supermarché, il arrive fréquemment que lors du passage en caisse, le prix payé ne soit pas celui affiché. Tu serais en France, après vérification, l’hôte de caisse te ferait immédiatement le prix affiché.
Peu importe, que le magasin ait tort, la satisfaction du client prime, sa fidélité est au combien importante.

Conditionnée par tes habitudes, au moment de payer, tu vas donc manifester le fait que le paquet de biscuit que tu as choisi est affiché à 200 Nairas de moins en rayon.
L’hôtesse de caisse, qui semble déjà éreintée (alors que le magasin vient d’ouvrir), souffle d’avance, car il est compliqué pour elle de lever son popotin pour aller vérifier. Tu comprends, tu lui donnes du travail supplémentaire. En chemin, elle sort de sa poche, une sorte de bâtonnet d’esquimaux, cela ressemble à une sucrerie. Là, ne pas être étonné, ici les vendeurs/vendeuses mangent en magasin, devant les clients.
De là, elle constate que le prix que tu lui a indiqué, est effectivement inférieur à ce qui passe en caisse. Elle le signale donc à la vendeuse en bout de rayon, assise sur son tabouret en train de tchatcher avec la vendeuse du rayon voisin.
Jusque là, il s’est déroulé 10 bonnes minutes où tu n’as toujours pas eu gain de cause.
C’est maintenant que cela se corse. …
La vendeuse au tabouret hausse le ton : « C’est une erreur, le prix est bien de 1150 Nairas et non de 950 N. » Elle te montre le paquet au chocolat qui est bien étiqueté à 1150, mais le tien est à la fraise. Le POP Strawberry n’a pas d’étiquette sur la boite, et le balisage POP strawberry est bien à 950 N.
Ah oui mais «  en  fait c’est le prix des petites boites et toi tu as pris une grande »…donc c’est 1150 et c’est tout.
En plus de t’agresser, car c’est toi la cliente qui a tort, tu es en train de les faire travailler, elle te prend de haut.
Ne supportant pas, bouillant de l’intérieur, tu demandes à parler au manager.
Mais là, personne ne veut appeler le manager( car ils en ont une peur bleue, ils peuvent se faire virer à tout moment) et puis miss hôtesse de caisse n’a pas fini sa sucette !!
La vendeuse arrache du coup les balisages.
Là tu ne dois pas perdre ton sang froid, tu vas chercher toi même le manager.
Et lorsque le libanais, te voit, toi la blanche, rouge écarlate, à bout,  pour ( 200N = 1euro) , avec la vendeuse qui continue à maintenir son bout, il est obligé de lui demander de se taire.
Finalement, tu es prête à laisser ton caddie complet, à ne pas prendre les gâteaux, mais tu auras perdus quasiment deux heures pour rien.
Au final, tu craches dans un anglais finalement très correct ( on parle mieux quand on est ennervé) qu’ils sont malhonnêtes. Tu leur expliques que tu viens plusieurs fois par semaine dans leur magasin, mais que tu n’y reviendras plus et tu cites, le nouveau concurrent libanais qui vient d’ouvrir.
De là, on te te remboursera ton paquet de biscuit, on te l’offrira et on te suivra jusqu’à dans ta voiture, en te disant : « Very sorry Madam, very sorry… »

Bilan : Tu auras mis deux heures à faires tes courses, tu monteras dans ta voiture tremblante d’énervement, mais même si le montant était minime, cette fois ils ne t’auront pas eus !

> Ici au Nigéria, tu ne marches pas. Tu prends ta grosse voiture pour tout déplacement.
Donc quand tu vas faire des courses en dehors des sentiers connus de VI et Ikoyi, il faut bien garer ta voiture quelque part.
Bien souvent, ton chauffeur te dépose juste devant le « magasin » ou l’entrée du marché, et lui va se garer plus loin.
Lorsque tu as fini et que tu le retrouves, il te dit alors que le parking est à 200 Nairas.
Mais voilà, l’homme du parking, t’as vu monter dans la voiture tu es blanche, tu es une oyibos, tu as donc forcément plus d’argent.
Le parking ne sera plus à 200 N mais à 300N. Par magie, la souche de tickets, elle aussi change, en fonction de ta couleur de peau.
Donc sache le, le prix du parking sera toujours plus cher pour toi le blanc !

> Tu as besoin de faire réparer ta voiture ou autre, et tu envois ton chauffeur, car c’est loin et pas forcément dans un lieu très sécurisé.
Il faut que tu saches que dans le devis qu’il te ramènera, il y’aura sa commission intégrée !
Et oui ne soit pas choqué, que ton chauffeur se prenne de l’argent sur ton dos, car ici à partir du moment où tu leur demandes de te rendre un service (faire une course ou autre, même minime), même si le ticket de caisse te montre clairement le montant, il aura toujours pris une partie de la note pour lui.

> Le dimanche, le chauffeur ne travaille pas, et puis certains soirs comme le samedi, et que tu sors tard, tu ne vois pas l’intérêt qu’ils t’attendent jusqu’à pas d’heures, surtout si ton mari a un permis local et qu’il peut conduire.
Seulement voilà, dès que tu te déplaces, sans ton chauffeur, des précautions sont à prendre.
- D’une part, ne jamais oublier de s’enfermer fenêtres et portes (c’est déjà le cas avec ton chauffeur)
- Mettre ta ceinture de sécurité, à l’avant comme à l’arrière (cela ne change pas non plus de tes habitudes, ici la conduite est très dangereuse)
- Prévoir toujours dans l’accoudoir du milieu quelques billets (des petites coupures).
- Evite de laisser ton sac et/ou objets de valeur (téléphone) à vue.
- Ne pas ouvrir ta porte et éviter ta fenêtre si tu te fais arrêter.
- Enfin, ne jamais donner de papiers d’identité. Ton passeport reste chez toi en milieu sécurisé.
Un des nombreux check point police ( celui ci est vide)


Nous nous sommes fait arrêtés dimanche dernier avec les enfants.
Tous gais d’aller prendre le bateau pour aller à la plage, au feu sur la route, deux flics attendent dans leur cabanon.
Dès qu’ils nous voient, ils demandent à David de s’arrêter.
D’habitude, lorsqu’il fait nuit, et qu’ils sont là et te demande de t’arrêter, tu ralentis, tu allumes ta lumière, tu fais ton plus beau sourire mais tu ne t’arrêtes surtout pas.
Là, c’était différent, nous étions le matin, il faisait grand jour, les enfants étaient avec nous.
On se gare à l’endroit indiqué.
Première erreur : David ouvre légèrement sa fenêtre pour parler.
On lui demande son permis local.
Seconde erreur: il leur donne.
Et de là, ils nous accusent d’avoir griller le feu au rouge.
David  ne lâche rien, échange avec eux, et ne voulant pas nous laisser partir, leur demande qu’elles sont les solutions.
Evidemment, la solution pour nous les Oyibos, c’est de payer. Ils veulent 20000 Nairas (soit 100 euros sachant qu’ici le smic est à 19000 N).
Cela traîne, ils ne veulent pas nous laisse partir, ils détiennent le permis.
Nous montons en pression, je commence à me mettre à pleurer, les enfants aussi…Je décide alors d’appeler Karine et Vincent, nos amis, lui est Vice consul, en charge de la sécurité…ils pourront nous aider.
Je tremble, bafouille, je sens Karine aussi tendue au bout du fil. Vincent, militaire de carrière, est déjà avec d’autres contacts en ligne, prêt à nous envoyer une patrouille de Mopol (personnes armées chargées de ta sécurité).
De l’autre côté, David propose aux flics, d’aller directement voir leur chef au commissariat, et de me laisser partir avec les enfants et une voiture de l’ambassade.
Ils réclament encore les 20000 N, mais nous leur montrons notre fameux accoudoir, et nous n’avons que 500 N, à l’intérieur.
15 minutes se sont écoulées, la patrouille de Vincent est prête à arriver. Mais les flics se lassent, nous ne sommes pas les bons pigeons.
Ils prendront les 500 nairas, et rendront finalement le permis à David.
Tremblante, en larme, pour la première fois, j’ai vraiment eu peur !

>  Ici tout va bien tant que tu n’as pas besoin d’acheter autre que de l’alimentaire ! Quand ton câble d’alimentation batterie lâche, et que tu ne retournes pas en France pendant plusieurs semaines, tu es obligée de te tourner avec les revendeurs existants.
Après des tentatives dans des « grandes surfaces » où ils sont censés recevoir demain le câble (mais 6 jours après, c’est toujours demain), tu te retournes vers des plus petites boutiques. Tout d’abord, tu paies ton câble, une fois et demi plus cher qu’en France. Quand tu arrives chez toi, tu te rends compte que tu t’es planté sur la puissance, et qu’il te faut un 60W et non un 85W… «  oui je suis blonde J »
Tu y retournes, mais trop tard tu as retiré le film plastique de la boite, tu dois donc payer à nouveau 30% de plus pour l’échange !
Mais ce n’est pas grâve car tu es « Oyibos » et tu peux payer.


Enfin, voilà quelques premières mauvaises expériences, mais avec le temps, l’être humain s’habitue…Keep Calm.


lundi 10 novembre 2014

Balogun, Lekki...des marchés

La semaine dernière a été riche en découverte de marchés locaux.

Le premier visité a été celui de Balogun...


Vous avez besoin de quoique ce soit : produits ménagers, vaisselles, tissus, vêtements, chaussures,...ici il n’y a qu’un endroit où aller Balogun Market.
Balogun Market est sans doute l’un des plus grand marché de Lagos.
Sa particularité est que l’on trouve tout, à la condition bien sûr de savoir où aller.
Chaque produit ou plutôt catégorie de produits a son quartier.
Il y’a donc à l’intérieur de ce même marché, des dizaines d’autres marchés en fonction de ce dont vous avez besoin.
Bien que larges au début, les rues se transforment très rapidement en ruelles sinueuses qui se multiplient.
Les échoppes à ciel ouvert ou non se côtoient par centaines, très rapidement on ne sait plus ou donner de la tête.

Me voilà donc là, lundi dernier accompagnée de Karine, Diana, et Dina la voisine de Karine.
Karine, Moi et Diana
Sous les conseils avisés de Karine, ayant déjà été au marché un mois avant, nous sommes habillées le plus simplement possible, chaussures fermées au pied (au vue de la pluie qui est tombée, il valait mieux), sans artifice. Les bagues, bijoux, montres sont restés à la maison. Petites pochettes en bandoulières, et billets méticuleusement rangés afin de pouvoir payer sans rien ne faire tomber.





Diana et Dina

En terme de sécurité, l’endroit nous est autorisé avec toutefois beaucoup de prudence. Dans une semaine, il nous sera déconseillé pour toute la période des fêtes, où les risques dus aux besoins d’argents sont plus croissants.
Dina est notre passe partout et surtout notre guide pour cette matinée. Elle est tout d’abord congolaise (plus facile pour toutes les négociations) et elle connaît le marché comme sa poche.
Heureusement, car il a été impossible de se repérer dans cette immensité.
Parmi la foule de locaux, nous nous frayons des chemins, nous nous suivons à la queue leu leu sans jamais perdre de vue l’une d’entre nous.
De part et d’autres, on attend dire «  Oyibos, Oyibos ».
Les « Oyibos », c’est nous « les blancs en Yoruba. Il ne vaut mieux pas être Agoraphobe J.
Objectif premier,  l’achat de paillasson pour Karine et Dina puis accessoires décoratifs pour la fête de samedi soir (Karine fête ses 40 ans.)
Les endroits sont diamétralement opposés, nous traversons donc plusieurs quartiers, les plus impressionnants sont ceux de la « coiffure afro » : des centaines de têtes sur chaque devant de stand, les perruques brunes, bouclées, lisses, longues ou courtes, les cosmétiques huile, shampoing, crème…le business a l’air très porteur.
Mon préféré restera celui des tissus, où je n’ai su donner de la tête sans malheureusement m’arrêter car le temps jouait en notre défaveur (aller chercher les enfants à 12.20).
Des tissus au mille couleurs, des motifs plus beaux les uns que les autres…cela reste évidemment typé africain, il faut donc aimer, mais les étales sont tout justes magnifiques, et il me sera difficile d’y résister quand je reviendrais.
J’ai déjà le couturier, les modèles en tête (jupe droite de ma garde robe que j’adore, petite robe de plage d’Eden), il reste à trouver deux jolis tissus.
Après plusieurs négociations, Karine a bien trouvé tout ce dont elle avait besoin : ballons, cotillons, décorations de table…
Il est temps de retourner à la voiture sinon les enfants vont attendre à l’école !
Le montant de l’emplacement parking nous fait monter au ciel : 500 nairas soit 2,5 euros…(ce qui peut vous paraître peu, mais lorsque l’on sait que le smic est à 19000 nairas= moins de 100 euros, c’est cher !). Dina refuse de payer, elle vient ici chaque semaine, se gare au même endroit et ne paye que 300 euros. Pourtant l’homme ne se démonte pas et nous montre même les souches des tickets à 500 ! Mais Dina est plus difficile à berner, et lui tendra les 300 ou rien !
Et oui ici, tout est sujet à arnaque, même les souches de tickets diffèrent en fonction de ta couleur de peau…c’est incroyable.
Enfin, ceci nous empêchera pas de revenir avec de belles images en tête et d’y retourner dès que les consignes de sécurités seront plus favorables.


Karine en pleine négociation

Diana



Lekki market ( mais pas celui que les "oyibos" s'approvisionnent, celui de ma nanny :))

Dès lors que je lave mes fruits et légumes, Christie (ma nanny) me parle du marché de Lekki où elle s'approvisionne, où elle allait faire les courses pour ses anciens patrons. 
Christie, ma nanny.
Lekki étant légèrement en retrait de VI et Ikoyi, ce marché local reste plus accessible et les fruits et légumes sont sensiblement moins chers.
Je propose donc à Karine, mon acolyte lagossienne de nous suivre, afin qu'elle fasse elle aussi de bonnes affaires.
Nous voilà donc, jeudi dernier, en chemin pour Lekki Market.
Christie nous indique le chemin, et Nnamdy nous dépose juste devant.
Le marché est en fait complètement cloisonné, sorte de labyrinthe où les échoppes sont collées les unes aux autres, abrités par des toiles ou tôles rouillées.
Pour de l'aventure et du local, nous sommes servies:)
Le sol est gadouilleux, les eaux usées circulent ou non dans quelques goulets là où nous marchons.
Dès notre entrée, les odeurs se multiplient.
Produits détergents, légumes/fruits pourris, poissons séchés, eaux usées, sang séché...sincèrement des odeurs indescriptibles qui pourraient s'apparenter en pire à celles du souk de Fez (au Maroc), si vous connaissez.






Nous nous faufilons, je m'excuse auprès de Karine, car là, nous sommes vraiment en pleine immersion et je ne sais pas si cela lui plait vraiment. Tant bien que mal, nous arrivons au stand. 
Quelle n'a pas été ma déception, les fruits n'étaient pas beaux, les salades flétries, les tomates bien trop mures...l'arrivage du frais est apparemment pour midi...je ne veux pas paraître "chochotte" auprès de Christie, et utilise la bonne excuse qu'on peut pas attendre jusqu'à midi.
Nous continuons notre découverte, Christie achète pour elle.
Graines, légumes locaux, et de la sauce tomate. Pour la sauce, elle donne 50 Nairas, et le marchand lui verse le liquide dans une petite bouteille plastique récupéree.
Christie nous propose ensuite, d'aller voir le stand viandes et poissons, pour une prochaine fois !
Même si Karine et moi savons déjà qu'il n'y aura pas de prochaine fois, nous nous voyons difficilement refuser.
L'odeur de bidoche crue, de sang coagulé et de volailles pas fraîches s'intensifient, on y arrive...
Un homme est en train de découper un mouton...
Pas de doute, c'est bien Halal, les moutons entiers sont étalés sur une table de fortune, la gorge tranchée.
Les poulets vivants encore en cage, côtoient ceux qui sont en train d'être plumés, ou encore carrément, les morceaux de cuisses, et de cous disposés sur des bouts de cartons dans l'attente d'être vendus.
La poissonnerie est juste derrière...j'avoue, c'est la première fois que je ne me sens pas très à l'aise.

Ici, l'hygiène telle que nous la connaissons est nulle, sous la chaleur, l'humidité permanente sans aucun moyen de conservation, je songe à la perte conséquente de vivre qu'ils doivent avoir chaque jour.
Jusqu'ici, la pauvreté n'avait pas été flagrante...des mendiants oui, des batisses de tôles par milliers..mais  là, cette visite dans ce milieu insalubre...on oublie que ce quotidien reste majoritaire pour une grande partie des Nigérians !




Lekki market artisanal...

Après cette épopée, c'est le coeur serré et l'estomac noué, que nous nous dirigeons avec Karine au Lekki Market artisanal.
Autre marché, où l'on peut trouver tout l'art "fait main" du Nigéria.
Un peu de shopping dans un lieu moins difficile !
Des centaines de stands sont juxtaposés : sculpture, peinture, objets en bois, bijoux, meubles...que de belles choses.
Karine avait repéré, il y'a un mois une sculpture...elle y est toujours et elle compte se l'offrir pour son anniversaire.
Une belle négociation pour elle de 20 minutes...elle en tira la moitié du prix proposé : well done.
Quant à moi, j'ai craqué pour le traditionnel Bracelet et masque léopard : marques de fabriques du Nigéria en métal brossé turquoise...ainsi qu'une suspensions en perles et graines...premiers achats locaux.
Un tas de trouvailles dans ce marché, à refaire avec plus de temps, c'est sur !

Masque léopard et bracelet Nigérian

Suspension en graines et perles